
Une église dissidente : les Cathares et le Catharisme.
L'apparition d'une "hérésie médiévale" à partir de l'an Mil.
Incontestablement, au Moyen Age, l'Eglise était la clé de voûte de la société médiévale. Son emprise idéologique, morale temporelle et autoritaire sur les catholiques était d'une ampleur difficilement imaginable de nos jours.
Sans en connaitre la véritable portée, on a tendance à considérer que ce système religieux médiéval était une sorte de monolithe qui se serait brutalement réveillé à l'aube des temps modernes.
En plein Moyen Age, pourtant, une église dissidente ose affronter l'Eglise officielle, allant jusqu'à s'affirmer comme modèle Romain, se désigner comme la seule représentante de la Vraie Eglise du Christ et de ses Apôtres.
Dans les années 50, tous les historiens pensaient avoir résolu le Catharisme sous un titre bien commode de "néo-manichéisme médiéval" et beaucoup trop de personnes en sont restées à cette image héritée de la propagande anti hérétique du XIIIe siècle, bien qu'elle ait perdu depuis longtemps toute crédibilité.
Grâce à la recherche historique du XXe siècle, on accorde maintenant un caractère chrétien et médiéval aux Eglises des Bons Hommes occitans, italiens ou bosniaques.
On étudie "l'hérésie" comme un phénomène interne au christianisme que l'Eglise romaine a utilisé de manière éhontée pour justifier ses prétentions à dominer le Monde.
Avec l'arrivée de l'An Mil et les signes annonciateurs de la fin des temps sur lesquels s'interrogeait toute la Chrétienté. Il put paraître commode au pouvoir religieux de faire de l'apparition des hérétiques, un amalgame, en les dénonçant en même temps que les comètes et les incendies...
Pourtant ces "hérétiques" représentait une fange exigeante, la plus absolue de la conscience réformatrice chrétienne.
Moines et chanoines rompant avec Rome furent les premiers hérétiques dénoncés, jugés, condamnés et brûlés vifs sur l'ordre de Robert le Pieux.
Le Catharisme était en marche...
Ces hérétiques rejetaient les sacrements de l'eglise Romaine et privilégiaient le Nouveau Testament (par rapport à l'Ancien). Ils pratiquaient, pour le salut de leurs âmes, un baptême spirituel par imposition des mains.

Un hérétique n'existe que lorsqu'il est dénoncé. S'il est toléré, c'est un chrétien sans histoire.
Tout au long de l'An Mil, des bûchers vont s'élever un peu partout. Les chroniqueurs d'église (de l'époque) présentaient l'hérésie comme diffuse mais présente partout en Europe.
Ce fut de Rhénanie que vint l'appellation de "cathare", terme promis à un grand succès posthume. C'était une expression qui se voulait injurieuse, un jeu de mots pour les érudits, elle est due au clerc Eckbert de Schönau, mêlant l'étymologie grecque pour évoquer le "pur", au vigoureux et populaire "chatiste" , le sorcier adorateur du chat.
Par contre les dissidents, ne se donnaient jamais d'autres noms que "chrétiens" ou "apôtres" et les fidèles étaient qualifiés de "bons hommes" et de "bonnes femmes"

