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37) Le Moyen Age : Le Catharisme. Le château de Minerve.


    Les citadelles du vertige.
  10- Le château de Minerve.
  (Aude- 35km Est de Béziers et 35km Nord Ouest de Carcassonne)

  Minerve est entourée de canyons profonds et semble inaccessible même de nos jours.
  On dirait une presqu'île. A l'époque médiévale c'était un des endroits les mieux protégés.


  Il reste peu de vestiges, une Tour ( la Candella) qui se dresse au-dessus du vide et une façade (Est) au-dessus des gorges du Briam. On retrouve quelques restes de la double enceinte et quelques Tours.
  Une curieuse porte frappée de la Croix des Templiers que tout le monde appelle ici "La maison des Parfaits", le puits Saint Rustique (détruit par Simon de Montfort) et une église, Saint Etienne(XIe et XIIe) avec le plus vieil autel de France (456).

  Devant l'église, un monument moderne, un monolithe percé d'une colombe, dédié aux victimes du bûcher.

                (photo-Internet)



  En 1210, les Narbonnais demandèrent à Simon de Montfort d'investir le "nid d'hérétiques de Minerve" et ... pour des raisons peu catholiques, tout simplement parce que les vins de Minerve faisaient de l'ombre aux vins de Narbonne!

  De montfort accompagné du Vicomte Amaury, de l'archevêque de Narbonne et d'une armée importante encerclèrent la citadelle.

Minerve est bombardée copieusement avec des catapultes (quatre dans les récits de l'époque). Le puits fut rapidement détruit, mais le siège dura tout de même longtemps, les Minervois résistaient malgré la soif, la faim et la puanteur, quand un commando mit le feu aux maisons durant la nuit.  
  C'était trop! écrasé sous les boulets et sans eau les assiégés se rendent en tentant de négocier.

  Simon de Montfort eut envie de se montrer clément, mais Arnaud Amaury, le chef spirituel de la Croisade fut diabolique et ne céda pas, ceux qui ne voulaient pas abjurer furent brûlés vifs.
  Un Abbé et Simon de Montfort allèrent dans chaque maison pour essayer de convaincre les Cathares de renoncer à leurs convictions, ce fut peine perdue, seules trois femmes abjurèrent.

  Un an après Béziers, un bûcher fut dressé dans le lit de la rivière à sec et cent quarante Parfaits furent brûlés.

  C'était le premier bûcher de Simon de Montfort.

  En suivant le chemin couvert avec deux pans de murs on arrive au puits et on y entend le chant des cigales dans la splendeur du soir, on a les yeux rivés sur les lieux du drame et on se dit que c'est le même thym qui parfume l'air, la même ciel au-dessus de nos têtes, les mêmes ombres étirées par le soleil qui disparait et la même douceur qu'au Moyen Age.

  Comment une telle cruauté est-elle possible?


  Décidément, l'histoire emprunte des chemins secrets où même le temps n'entre pas!





Article ajouté le 2008-05-11 , consulté 215 fois

Commentaires


Muad' Dib site : muad-statues.over-blog.com/ | le 11/05/2008 à 22:21:14
Coucou Viviane, c'est vrai que j'ai beaucoup de mal à imaginer comment on a pu en arriver à une telle haine de son voisin ...
Gros bisous,
Viviane le 12/05/2008 à 09:10:51
Bonjour Muad'Dib
J'espère que tu passes un bon dimanche.
La haine de "l'autre" à son paroxysme elle a été là et encore ailleurs, j'ai pire dans mes documents.
Merci pour ta présence.
Avec toute mon amitié.
vincent site : africantal.blogspot.com | le 14/05/2008 à 11:10:57
cruauté!!! Il me semble qu'ils étaient passablement remontés contre les cathares, nos parpaillouns.
J'ai pas bien suivi ton blog (pardonne moi, je lis souvent à l'envers) mais quel est le valeureux chrétiens qui disait "tuez les tous, dieu reconnaîtra les siens".
Et lors de coups de mains ils crevaient les yeux et coupaient la langue à quelques veinards qu'ils libéraient pour porter la nouvelle aux autres villages. Un seul d'entre eux était "exempt" de sévices. C'est lui qui guidait le groupe et disait ce qui c'était passé.
Si tu ne l'as déjà conté, peut être le feras tu un jour?
Adichias!!
Viviane le 14/05/2008 à 17:00:33
Celui qui a dit "Tuez-les tous. Dieu reconnaîtra les siens!" est Arnaud Amaury (ou encore Arnauld Amalric), il était Abbé de Cîteaux et légat du Pape, c'est celui dont je parle dans mon article (où il est toujours aussi infâme). Il a prononcé cette horrible phrase à Béziers, en 1209 où il y eut plus de 20 000 brûlés vifs.
Cette phrase a été faussement attribuée à Saint Dominique qui se trouvait loin de là, puis à Simon de Montfort.
On en retrouve la trace dans une lettre (destinée à Innocent III, le Pape) écrite par un moine cistercien allemand, sous la forme latine "Caedite eos. novit enim Dominum qui sunt eius" (je marque de mémoire et j'ai peut-être fait quelques fautes, si c'est le cas j'irai chercher la phrase latine exacte).
Je ne sais pas si je raconterai toutes les atrocités commises, il y en a eu tant! je raconte comme ça me vient et un peu dans le désordre parce qu'en Histoire, l'ordre est fatiguant.
Bonne fin de journée Vincent.
Avec toute mon amitié.
muse site : http://amuse1.blogspot.com/ | le 07/10/2008 à 21:15:34
J'ai visité Minerve voici bien longtemps et l'histoire du bûcher m'avait profondément marqué.
Pour Muse le 09/10/2008 à 10:35:47
Il est vrai que "ce bûcher" fait partie d'un des plus horribles. Il me semble que celui de Béziers le surpasse dans l'horreur, je n'ai pas encore trouvé le courage de le raconter, mais je le ferai.
Bonne journée Muse
Amitiés
viviane

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